L'Europe se met au "GPS" !

Jeudi 15 décembre 2016, l'Europe lance les premiers services de son système de navigation par satellites, Galileo. Le dispositif doit permettre une localisation plus précise pour les utilisateurs, avec pour ambition de concurrencer le puissant GPS américain.

Le programme Galileo a été initié en 1999 par la Commission européenne pour doter l’Europe de son propre système de positionnement et de datation et garantir l’indépendance européenne face aux autres systèmes existants, tels que l’américain GPS, le russe Glonass et le chinois Beidou.
Le projet arrive enfin à terme. Le jeudi 17 novembre, la fusée Ariane 5 a réussi à placer quatre nouveaux satellites en orbite permettant une mise en service progressive du système. Si la précision n’est actuellement pas optimale, tout devrait fonctionner à 95% d'ici 2018, après les lancements de huit satellites supplémentaires : quatre durant l'été 2017 et quatre autres début 2018. L’objectif est d’arriver à une constellation de 30 satellites d'ici 2020, pour obtenir un système le plus précis et le plus fiable possible.

Plus précis que ses concurrents, le système européen va proposer rapidement 4 types de service : 

  1. Un service de géolocalisation plus performant que celui de tous ses concurrents. Galileo proposera une précision à 1 mètre là où le GPS américain, le Glonass russe ou encore le chinois Beidousont sont sur 10 mètres de précision ;
  2. Une version payante proposera une géolocalisation encore meilleure -de l'ordre de quelques centimètres- mais aussi un service de datation, qui comme son nom l'indique permettra de dater des événements avec une précision extraordinaire, de l'ordre du milliardième de seconde. Utile notamment pour les assurances ;
  3. Un usage gouvernemental, destiné par exemple aux armées ou aux ministères de l'Intérieur ;
  4. Un programme de recherche et sauvetage, qui permettra de repérer un appel de détresse en temps réel et partout sur la Terre. Ce qui révolutionnera la localisation des bateaux perdus en mer et des avions en détresse, détectables en plusieurs heures actuellement.


Enfin, Galileo représente aussi un enjeu géopolitique considérable pour l’Europe. Programme civil, Galileo peut également être utilisé par le secteur de la sécurité et de la défense. Le scandale de la NSA, qui a révélé l’étendue planétaire de la surveillance électronique américaine, a mis en lumière la vulnérabilité de l’Europe : aujourd’hui, tous les géants de l’Internet sont américains. Les Européens ne sont pas maîtres des données qu’ils produisent. Il était urgent qu’ils disposent au moins de leur propre système de géolocalisation.

Précisons que le système Galileo est sous la houlette de trois acteurs : la Commission européenne qui décide et supervise, l’ESA qui assure la phase de construction, et le GSA (agence de navigation par satellite européenne) basée à Prague, qui est chargée d’exploiter le système..