Les géants mondiaux du cloud s'intéressent à la France !

A cinq jours d'intervalle, les deux colosses des infrastructures cloud, Amazon Web Services (AWS) et Microsoft, ont annoncé qu'ils allaient ouvrir leurs premiers « data centers » dans l'Hexagone dès 2017.
En effet, la France va devenir le quatrième pays européen où AWS possède des infrastructures en propre, après l'Irlande, l'Allemagne et bientôt le Royaume-Uni. 
Pour Microsoft, la France sera le troisième pays couvert sur le sol européen en « data centers » par la firme de Redmond, après l'Irlande et les Pays-Bas.

 « La France est aujourd'hui un ­marché clef pour ces acteurs », fait valoir Emmanuelle Olivié-Paul, directrice associée de la société d'études ­Markess, qui prévoit pour le cloud en France un chiffre d'affaires global de 6,4 milliards d'euros cette année (infrastructures, plates-formes et services en ligne) et qui grimpera à 9 milliards en 2018. 

Mais les géants du cloud étaient déjà bien implantés dans l'Hexagone. Pourquoi de telles annonces ? D'une part, cela va leur permettre d'améliorer la performance du service fourni en raccourcissant le chemin parcouru par les requêtes, et donc le temps de latence.

Surtout, cela vise à rassurer leurs clients actuels et surtout potentiels sur la question sensible de la localisation des données. Pour ces groupes, un tel déploiement est aussi une manière de se positionner dans ce débat sur le lieu de stockage des données. « L'UE va vers un durcissement de la législation à ce niveau-là, et ces groupes savent qu'à terme ils n'auront pas le choix. Soit ils abandonnent le marché européen, qui représente tout de même 500 millions de personnes, soit ils ouvrent des "data centers" pour y héberger leurs données provenant de l'UE », tranche Marc-Antoine Ledieu, avocat au barreau de Paris et spécialiste des nouvelles technologies.

Les acteurs français du cloud, de leur côté, perdent là un avantage différenciant par rapport à AWS, Microsoft et Salesforce. « Le Patriot Act (appelé maintenant le Freedom Act) est toujours en vigueur aux Etats-Unis et concerne toutes les entreprises américaines, même si elles ouvrent des "data centers" au-delà des vrontières américaines. Concrètement, la ­justice américaine peut encore réclamer un accès à toutes les données hébergées par un opérateur de service !

La guerre du cloud ne fait que commencer...

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