La France, championne européenne des exportations d’électricité en 2025

fmorelle Par Le 2026-01-04

La France a de nouveau marqué l’histoire des échanges électriques européens en 2025 en enregistrant un solde exportateur net record de 92,3 térawattheures (TWh), dépassant son précédent record de 89 TWh établi en 2024. Ce nouveau niveau place la France parmi les principaux fournisseurs d’électricité vers ses voisins sur le continent.

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Un surplus de production structurel

En 2025, la production d’électricité française s’est élevée à environ 544 TWh, soit une légère augmentation d’environ 1 % par rapport à 2024, tout en retrouvant un niveau antérieur aux crises énergétique et sanitaire. Parallèlement, la consommation intérieure corrigée des effets météorologiques et calendaires s’est stabilisée autour de 449 TWh, un niveau inférieur d’environ 6 % à la période moyenne 2014-2019, période de référence avant les chocs énergétiques récents.

Ce différentiel entre production et consommation explique l’abondance d’électricité disponible pour l’exportation. Une production aussi élevée, couplée à une demande domestique modérée, confère à la France une capacité structurelle d’exportation soutenue.

Un leadership fort sur les marchés voisins

La majeure partie des exportations trouve destination auprès des principaux marchés européens. En 2025, le solde exportateur net s’est réparti comme suit :

Italie ;

Allemagne et Belgique, bien que le flux vers cette zone ait légèrement diminué par rapport à 2024 ;

Royaume-Uni, avec un flux stable ;

Suisse, où les importations ont considérablement augmenté, notamment en raison de l’arrêt prolongé d’une centrale nucléaire helvétique.

Avec un total de 92,3 TWh, ce solde net représente plus que la consommation annuelle d’un pays comme la Belgique (chiffre de référence soulignant l’ampleur du volume exporté).

Rôle des filières bas carbone dans l’excédent énergétique

La France est historiquement un pays à forte production nucléaire : cette filière constitue la base de l’essentiel de l’électricité produite, généralement au-delà de 60 % de la production totale, selon les données historiques de l’Agence internationale de l’énergie.

En complément, les énergies renouvelables (hydraulique, éolien et solaire) contribuent également de manière significative à la production bas carbone. En 2024, l’éolien représentait près de 8 à 10 % de la production nationale et le solaire photovoltaïque environ 4 à 5 %, des contributions qui tendent à croître mais restent encore modestes face à l’importance du nucléaire.

Dans ce contexte, la production française est produite à près de 95 % à partir de filières bas carbone (nucléaire et renouvelables) en 2025, ce qui explique en grande partie la compétitivité de l’électricité exportée sur les marchés européens.

Contexte des marchés européens

Les échanges transfrontaliers d’électricité en Europe sont facilités par un maillage dense de lignes à haute tension permettant l’ajustement en temps réel entre offre et demande. Contrairement aux énergies fossiles, l’électricité nécessite des interconnexions physiques pour être échangée, ce qui accroît la complexité mais aussi la symbiose des marchés nationaux.

La position de la France comme exportateur net est également soutenue par l’amélioration de la disponibilité de son parc nucléaire après les difficultés rencontrées en 2022, une année marquée par un solde importateur net historique. Depuis, la production est revenue à des niveaux robustes, permettant de rétablir une dynamique exportatrice forte.

Impact économique des exportations

Les volumes exportés se traduisent par une contribution économique notable. En 2024, les exportations d’électricité ont généré environ 5 milliards d’euros, un niveau inédit qui témoigne de la valeur stratégique de ces échanges pour la balance commerciale énergétique française.

Même si ce chiffre reste modeste comparé aux coûts des importations de combustibles fossiles nécessaires à d’autres usages (plus de 60 milliards d’euros en 2024 selon certains rapports), la recette liée aux exportations électriques constitue un actif important dans un contexte de transition énergétique.

Enjeux et perspectives

Si ce niveau d’exportations traduit une performance remarquable, il souligne aussi les défis du secteur. La consommation domestique relativement lente à croître, combinée à une production abondante, pose des questions sur l’optimisation des usages et la flexibilité du système électrique, notamment en termes de stockage et de réponse à la variabilité des renouvelables.

Avec l’accélération de la transition énergétique en Europe, le rôle de la France comme fournisseur stable de grande ampleur d’électricité bas carbone pourrait s’affirmer davantage, à condition d’adapter les infrastructures et les réglementations aux défis du futur mix énergétique continental.