LVMH et Tiffany ou l’histoire d’une négociation internationale de haut vol !

Le mariage entre LVMH et Tiffany devrait finalement être acté !
En effet, après plus d’un an de bras de fer juridique qui opposait les deux groupes, le numéro un mondial du luxe (propriétaire notamment des marques Louis Vuitton, du champagne Moët Hennessy ou encore du journal les « Echos »), et le mythique joaillier New yorkais Tiffany, sont proches d'un accord financier qui permettrait de finaliser ce rachat dès le début de l'année prochaine.

Regard sur un mariage dans le monde du luxe international sur fond de pandémie !

Lvmh

Des protagonistes, haut de gamme !
 

D’un côté on a LVMH, numéro un mondial du luxe. Dirigé par Bernard Arnault, le groupe réunit plus de 75 Maisons d’exception qui créent des produits de haute qualité et est le seul acteur présent simultanément dans cinq secteurs majeurs du luxe avec plus de 70 marques : Vins & Spiritueux, Mode & Maroquinerie, Parfums & Cosmétiques, Montres & Joaillerie et Distribution sélective. Il compte aujourd’hui plus de 163 000 collaborateurs à travers le monde et a réalisé en 2019 des ventes de 53,7 milliards d’euros.

De l’autre Tiffany, entreprise de joaillerie américaine fondée par Charles Lewis Tiffany en 1837. Le groupe, dont le célèbre magasin amiral jouxte la Tour Trump sur la Cinquième Avenue à Manhattan, a réalisé près de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019 avec 14 000 salariés et 326 boutiques TIFFANY & CO dans le monde entier.

Un coup de foudre... pas si désintéressé !
 

C’est fin 2019 que le groupe français a proposé de lancer une offre sur l’ensemble des actions Tiffany & Co.
Habitué des fusions et acquisitions comme levier d’action pour accélérer sa croissance et renforcer sa position de leader sur le marché mondial du luxe, cette acquisition serait pour LVMH la plus importante de son histoire.
L’objectif pour B. Arnault est de pénétrer davantage l’important marché américain, qui ne représente que 9 % de son chiffre d’affaires actuel de son domaine d’activité stratégique « Montres & Joaillerie ».
Le marché américain étant le deuxième marché le plus important pour la joaillerie de luxe après la Chine, l’acquisition de Tiffany and Co, qui réalise 40 % de son chiffre d’affaires dans son pays, permet à LVMH d’accroître considérablement son activité joaillerie dans le monde.
C’est donc pour un montant de 16,2 milliards de dollars que les deux entreprises avait officialisé leur union en novembre 2019.

Un divorce avant le mariage...
 

Si l’accord avait été accepté par les deux groupes fin 2019, c’était sans compter sur la crise du COVID...
En effet, la pandémie a affecté les ventes du fleuron américain sur le premier semestre 2020 ! Estimant que les conditions avaient changé, le groupe de Bernard Arnault a annoncé début septembre n'être « plus en mesure » d'acquérir « en l'état » Tiffany.
La société américaine a immédiatement déposé une plainte auprès d'une cour de justice du Delaware (Est), prétextant que le géant du luxe français ne cherchait qu'à se soustraire à ses obligations et à ne pas payer le prix d'origine. Cette procédure a été suivie peu après d'une contre-attaque de LVMH devant la même juridiction.
La justice américaine a fixé au 5 janvier 2021 la date du procès devant opposer les deux groupes, en suggérant toutefois aux parties de renouer le dialogue, ce qu'elles ont fait.

Une happy end à la Disney !
 

Finalement, joaillier américain Tiffany a accepté de baisser son prix. Les entreprises négocient encore pour savoir si LVMH va payer 131 dollars ou 131,50 dollars par action Tiffany, au lieu des 135 dollars initialement prévus, mais ils sont d'accord sur le principe. À ce prix, la transaction reviendrait à 15,96 milliards de dollars.

Si l'accord est confirmé cette semaine, il mettrait fin à ces recours judiciaires, ont dit les sources. Les deux parties satisfaites d'être parvenues à un compromis, pourrait célébrer le mariage en janvier 2021 !