UE-MERCOSUR, un accord pas évident !

Considéré comme l’un des plus importants au monde, l’accord UE-MERCOSUR a été négocié pendant 20 ans pour être conclu en juin dernier. Pourtant celui-ci ne sera pas validé par la France, en tout cas pas dans l’immédiat.

Retour sur cet accord et ses spécificités !

Ue mercosur

Un des plus importants dans le monde !

En effet, si l’on prend en compte le nombre d’habitants concernés, l’accord UE-MERCOSUR est en haut du podium avec 770 millions de personnes au total.
Sur le critère du PIB de tous les pays concernés, on arrive à un total de 18 000 mds d’euros, il se place en derrière l’accord qu’a signé l’UE avec le Japon et qui représente un niveau de PIB de 19 500 mds d’euros.
L’UE et le Mercosur échangent 88 milliards d’euros de biens par an, avec une balance légèrement favorable aux Européens (+2,5 milliards d’euros).
Cela situe le Mercosur entre l’Inde et le Canada, aux alentours de la dixième place parmi les principaux partenaires commerciaux de l’UE. Rappelons que le 1er partenaire commercial de l’UE sont les Etats-Unis avec lesquels 675 milliards d’euros sont échangés chaque année par les Européens.

Qui dit accord, dit concessions...

Le premier objectif de cet accord est de supprimer les droits de douane sud-américains, qui peuvent être très élevés dans certains secteurs industriels clés importants pourl’UE : 35% dans l’habillement et l’automobile, 18% dans la chimie mais aussi 14% dans l’industrie pharmaceutique.
Dans l’agriculture, ces taxes douanières restent importantes dans les spiritueux (jusqu’à 35%), les produits laitiers (28%), le vin (27%) ou le chocolat (20%).
L’accord protégera 357 indications géographiques européennes, comme le comté ou le jambon de Parme.
L’UE compte également sur l’accord pour mieux accéder au marché sud-américain des services (télécommunications, transports ou services financiers). Il s’agit par ailleurs du premier accord commercial conclu par le Mercosur.

En contrepartie, l’UE pourrait en revanche devoir ouvrir son marché au bœuf des pays du Mercosur, ainsi qu’à leur éthanol, leur sucre et leurs volailles, autant de secteurs cruciaux pour eux, mais aussi très sensibles pour les producteurs européens, qui n’ont cessé de protester contre ces discussions. Effectivement, pour protéger au mieux son marché, l’UE met en place des quotas, de manière à ce que les produits sud-américains soient taxés à partir d’un certain seuil : 99.000 tonnes par an pour le bœuf, 100.000 tonnes pour les volailles, 180.000 tonnes pour le sucre.

Mais aussi polémiques !

A peine signé l'accord commercial entre l'Union européenne et des pays d'Amérique du Sud ne fait pas que des heureux ! Agriculteurs, écologistes... les concessions faites par l’UE inquiètent.
C’est notamment le secteur agricole qui hurle au scandale à cause de l'accès facilité au marché européen à quatre pays rêvent d'écouler sucre, éthanol, volailles et boeuf. C'est notamment sur le secteur de la viande que le bât blesse avec l’utilisation, dans ces pays, d’antibiotiques comme hormones de croissance.

Le Président français pas prêt !

C’est fin août, en plein G7 à Biarritz, pendant que des incendies ravagent l’Amazonie, qu’Emmanuel Macron retire son soutien à ce traité de libre-échange controversé, en dénonçant l’inaction de son homologue brésilien Jair Bolsonaro en matière de climat et de biodiversité.

L’incertitude reste donc de mise sur l’avenir de cet accord...