Une femme à la tête de l'OMC

Il y a quelques semaines Le Dico du Commerce International vous parlait de la possibilité de voir une femme à la tête de l'OMC. C'est chose faite ! Le 15 février dernier, les memebres de l'Organisation Mondiale du Commerce ont écrit une nouvelle page de l'histoire de cette institution emblématique en élisant Madame Okonio-Iweala comme Directrice Générale de l'organisation. Elle sera à ce titre, la septième personne à occuper ce poste.

Focu sur une élection "historique".

 

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Femme et africaine…

L’élection de Madame Okonjo-Iweala est une petite révolution à double titre pour l’OMC. Non seulement elle est la première femme à être à la tête de l’organisme mais également la première africaine !
En effet, si les statuts de l'OMC ne prévoient pas de rotation géographique pour le directeur général, des voix se sont élevées pour dire que c'est au tour d'un Africain ou d'une Africaine d'occuper le poste. Depuis sa création en 1995, l'OMC a été dirigée par six hommes: trois Européens, un Néo-zélandais, un Thaïlandais et un Brésilien.
Avec l’élection de Madame Okonjo-Iweala qui est originaire du Nigéria, l’OMC comble ainsi une double lacune en termes de parité.
A 66 ans elle prendra ses fonctions le 1er mars 2021 et son mandat, qui est renouvelable, expirera le 31 août 2025.


Une personnalité reconnue

Née en 1954 à Ogwashi Ukwu, dans l'Etat fédéral du Delta (ouest du Nigeria) d'un père et d'une mère professeurs d'économie, Ngozi Okonjo-Iweala a passé une bonne moitié de sa vie aux Etats-Unis. Diplômée de Harvard et du Massachusetts Institute of Technology (MIT), elle commence sa carrière à la Banque mondiale à Washington en 1982. Elle y travaillera pendant 25 ans avant de se voir proposer un ministère par le président du Nigeria (Olusegun
Obasanjo) et de rentrer au pays en 2003. Elle a été deux fois ministre des Finances et cheffe de la diplomatie du Nigeria durant deux mois en 2006.
Son action comme ministre des Finances va marquer les esprits, notamment pour ses combats dans la lutte contre la corruption et pour réduire la dette publique au Nigeria. Elle fait partie des rares femmes à avoir exercé d’importantes responsabilités politiques dans le pays le plus peuplé d’Afrique, première économie du continent : 201 millions d’habitants avec un PIB/hab de 2 230 $ US.

Femme d'influence depuis de nombreuses années, elle siège également au sein de plusieurs conseils d'administration et préside notamment celui du GAVI, organisation internationale de la Fondation Bill et Melinda Gates pour favoriser l'accès à la vaccination en Afrique. En juillet 2018, elle est également devenue la première personnalité africaine membre du conseil d'administration de Twitter.

Une élection pas si évidente

La décision du Conseil général arrive après des mois d'incertitude.

Les États-Unis avait initialement refusé de rejoindre le consensus autour de Mme Okonjo-Iweala et apportait leur soutien à la Ministre du commerce de la République de Corée, Mme Yoo Myung-hee. Cependant, suite à la décision début février par Mme Yoo de retirer sa candidature, l'administration du nouveau Président américain Joe Biden,  a levé l'objection des États-Unis et a annoncé que Washington apportait son “ferme soutien” à la candidature de Mme Okonjo-Iweala.

C’est donc par consensus lors d'une réunion spéciale du Conseil général de l'organisation que la Nigérienne est nommée le lundi 15 février.

A la présidence de l'OMC, elle aura fort à faire dans un contexte mondial de crise économique et de crise de confiance dans l'organisation, au moment où la libéralisation du commerce mondialisé est vivement contestée.

Vidéo : Ngozi Okonjo-Iweala à l'OMC : les défis de la nouvelle directrice