22 août, le "jour du dépassement" !

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  • Le 2020-08-22

À partir de ce samedi 22 août, l'humanité aura consommé plus de ressources naturelles que la Terre peut renouveler en 12 mois. C'est le fatidique et symbolique "jour du dépassement". Chaque année, l'humanité creuse un peu plus sa dette écologique, mais cette année, avec le 22 août, même si cette date paraît encore trop tôt dans le calendrier, on peut parler de bonne nouvelle.

Environnement: Samedi est le «jour du dépassement» des ressources ...

Définition !
 

Ce "jour du dépassement", ou "overshoot day" en anglais, est calculé depuis 2003 par l'ONG américaine Global Footprint Network. Il a pour but d'illustrer la consommation toujours plus rapide d'une population humaine en expansion sur une planète limitée.
Pour le dire de façon imagée, il faudrait cette année 1,6 Terre pour subvenir aux besoins de la population mondiale de façon durable.
La date est calculée sur la base de milliers de données statistiques des nations unies de 200 pays, en croisant l'empreinte écologique des activités humaines (surfaces terrestre et maritime nécessaires pour produire les ressources consommées et pour absorber les déchets de la population) et la "biocapacité" de la Terre (capacité des écosystèmes à se régénérer et à absorber les déchets produits par l'Homme, notamment la séquestration du CO2).

 

50 ans de mauvaise tendance...
 

Depuis les années 1970, la date du Jour du dépassement se dégrade. En 1998, elle avait lieu le 30 septembre. En 2019, elle arrivait deux mois plus tôt : le 31 juillet (actualisé sur la base des nouvelles données disponibles). Avec le 22 août, l’année 2020 constitue donc un revirement historique de la situation.

Le répit de cette année s’explique par les mesures de confinement qui ont été mises en place à travers le monde en réponse à la pandémie de Covid-19.

 

Une fausse bonne nouvelle !
 

Il faut néanmoins relativiser ces chiffres, ce n’est donc pas un changement systémique à l’origine de cette embellie.

La baisse des émissions de CO2 dans l'atmosphère observée n'aura aucun effet sur le réchauffement climatique. Et dans l'optique où les confinements et les restrictions de voyage continuaient jusqu'à la fin 2021, la température mondiale ne baisserait que de 0,01°C, d'après une autre étude publiée en août dans la revue Nature (en anglais). D'autant plus que "les dernières données provenant de Chine montrent que les émissions issues de l’industrie sont reparties à la hausse depuis la fin du confinement en mars, dépassant légèrement les niveaux de 2019", note le climatologue Philippe Ciais, interrogé par Le Monde.

En conclusion on peut citer Marco Lambertini directeur général du WWF, partenaire de l’événement depuis 2007, qui veut espérer qu’après le Covid, et les réflexions qu’il a déclenchées sur les modèles de société, les humains sauront « tirer des leçons de ce que cette pandémie a mis en lumière : la relation non-soutenable, de gaspillage et destructrice que nous entretenons avec la nature, la planète. »