Internet, fidèle compagnon du confinement

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  • Le 2020-05-23

Si on imaginait cette crise du COVID-19 et son confinement transposé à une époque où internet n’existait pas, comment ferions-nous ?  
Il est certain que pour beaucoup la chose semble inenvisageable... En effet, durant les 55 jours de confinement l’activité sur internet a augmenté de façon considérable. Sans surprise, c’est dans les pays où le confinement est le plus strict que cette augmentation a été la plus importante.
E-commerce, vidéos, réseaux sociaux... constat d’un monde où le numérique à été la seule ouverture vers l’extérieur pendant de nombreuse semaines.

Internet, téléphonie et coronavirus - « Nous adapterons les ...

Une croissance mondiale impressionnante

Si on compare avec la période d’avant crise, les transactions e-commerce à elles seules ont augmenté de 45 % ! Pour certains observateurs cette croissance sur les 3 mois de confinements correspond à la croissance de 3 ans.
Plus globalement selon Nokia, l’un des trois grands équipementiers télécoms mondiaux, la plupart des réseaux télécoms mondiaux observent une hausse de 30 à 45 % de leur trafic par rapport à N-1.
Ce n’est pas seulement le e-commerce qui a entraîné cette augmentation du trafic. Par exemple, les outils de vidéoconférence comme Skype ou Zoom ont augmenté de 300 % aux États-Unis, et les jeux vidéo de 400 % !
Si les réseaux sont normalement capables de gérer cette hausse en temps normal, c’est qu’elle censé se faire sur une période beaucoup plus longue, non pas sur quelques semaines.

Les plateformes de VOD, des ogres en termes de débit !

Les géants mondiaux de la vidéo sur internet, Netflix, Disney +, Facebook, Youtube... sont connus par les opérateurs pour être les plus gros consommateurs de bande passante.
Fin 2018, 53% du trafic des principaux opérateurs français provenait de Netflix, Google (dont Youtube), Akamai (un distributeur de contenus tiers) et Facebook, selon l’autorité de régulation des télécoms (Arcep).
C’est pourquoi, au niveau européen, le commissaire européen chargé du marché intérieur Thierry Breton s’est entretenu avec plusieurs dirigeants de grandes plateformes de vidéos, qui ont annoncé ensuite diminuer temporairement la qualité de leurs flux. Disney+ à par exemple réduit d’au moins 25 % son débit et décalé son lancement en France au 7 avril.

Et les réseaux sociaux...

Cependant autre origine de la hausse du trafic Internet : les réseaux sociaux. Leur utilisation a bondi de 121% en mars et 155% en avril. Un phénomène normal même s’il surprend par son ampleur. Pendant les deux mois de confinement, ils ont été un des rares moyens de maintenir du lien social.
Par exemple, pour Facebook, Mark Zuckerberg annonçait dès le 18 mars que le nombre d’appels passés via WhatsApp et Messenger avaient doublé avec le confinement de certains pays européens. Ainsi, l’Italie qui a été parmi les premiers pays concernés, enregistre une augmentation de 1 000% des appels passés sur Messenger réunissant au moins trois personnes sur les premières semaines de confinement.

Beaucoup d'aspects liés à internet et l'impact du COVID ne sont pas abordés ci-dessus : Télétravail, télémédecine, enseignement à distance... Cette crise a permis l’émergence ou plutôt l’affirmation d’autres modes de consommation et de travail, et plus généralement permis une prise de recul par rapport à la vie "d'avant". On peut dire que même si la technologie d'internet n'avait pas vraiment besoin de cette crise pour accroître son emprise, il y aura le monde "d'après" qui sera sans aucun doute encore plus digital.