Kiribati, un paradis presque perdu ?

L’actualité internationale de fin juin mettait en avant la montée en puissance dans la zone Pacifique de l’Empire du Milieu qui inquiète notamment les Etats-Unis et l’Australie, les deux puissances qui influencent historiquement cette région.

En effet, un événement important dans l’expansion de cette influence chinoise dans le Pacifique est survenu la dernière semaine de juin. Kiribati, un petit pays de seulement 110 000 habitants, mais qui revendique une zone maritime de 3 550 000 km2 , c’est-à-dire aussi grande que celle des États-Unis, a réélu un président pro-chinois, Taneti Maamau, au lieu de choisir son challenger pro-Taïwan.

C’est l’occasion pour le Dico du Commerce International de vous présenter ce pays qualifié de "paradis perdu" !

Kiribati   Drapeau kiribati

Petit mais indépendant !Carte kiribati


L'archipel des îles Kiribati est situé au milieu de l'Océan Pacifique à 3 800 km de Honolulu. C'est un micro-Etat totalement indépendant depuis la fin des années 1970 après avoir été une colonie britannique.
Le pays est composé de l’île isolée de Banaba et de trois archipels comptant au total 32 atolls.
Ces îles comptent environ 110 000 habitants, les Kiribatiens, pour une superficie de 726 km² de terres émergées, ce qui les place comme le 183ème plus petit état sur 221.

Malgré cela les Kiribati possèdent tous les attributs d’un pays, avec notamment sa propre monnaie, le dollar des Kiribati (qui a une parité de 1 pour 1 avec le dollar australien) ; sa capital, Tarawa ; sa ou plutôt ses langues officielles qui sont le Gilbertin et l’anglais et enfin son Président, Taneti Maamau depuis 2016.
 

Au niveau économique ?


Avec un PIB de 188.3 millions USD (2018), l’octroi de licences de pêche constitue la principale source de revenus pour le pays. En effet, les ressources naturelles, à part les ressources halieutiques, sont pratiquement inexistantes (mines de phosphates épuisées, un peu de coprah). Le tourisme est une activité annexe (environ 4 000 touristes par an).
Les Kiribati restent donc très dépendants de l’aide internationale, notamment du Royaume-Uni, de l’UE (dans le cadre de l’accord ACP) mais aussi de ses proches voisins, l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.
Tarawa développe une politique d’ouverture envers d’autres acteurs du Pacifique, à commencer par les Fidji, mais également les Etats-Unis, Cuba dans le secteur de la médecine, et la Chine qui a vocation à prendre une place de plus en plus importante depuis la rupture des liens diplomatiques avec Taiwan le 20 septembre 2019.
Précisons que sur la scène internationale Kiribati, comme la plupart des micro-Etats, est membre de l’ONU depuis 1999 et bénéficie donc du principe « un Etat = une voix », malgré des moyens limités.

Malheureusement les aspects économiques deviennent presque secondaires face à un risque plus important qui menace l'existence même de ce territoire.

 

Un avenir liés au changement climatique...


Comme dit précédemment, la République des Kiribati est composée d’archipels coralliens de faible altitude qui dépassent à peine le niveau de la mer ce qui rend ce pays particulièrement vulnérable aux évolutions du changement climatique.
La montée du niveau de la mer et la raréfaction de l’eau douce pourraient faire des Kiribati l’un des premiers Etats souverains à devenir inhabitable.

Conscient du problème, le gouvernement du précédent président M. TONG préparait une migration massive de la population, dite « migration dans la dignité », et avait acheté des terres à Fidji en prévision, le président M. MAAMAU, élu en 2016, a déclaré vouloir au contraire se concentrer sur le développement économique des Kiribati et sur l’amélioration de la vie quotidienne de la population... Est-ce le bon choix ?

Pour conclure sur la découverte de ce pays à l'avenir incertain, Le Dico vous invite à regarder la vidéo ci-dessous qui illustre le problème de Kiribati face à la montée des mers.