La fenêtre, un marché pas si simple !

Œil de bœuf ou plutôt demi-lune, ronde ou trapèze, fixe mais aussi battante, la fenêtre peut prendre des aspects très différents selon les pays, les époques mais aussi les fonctions qu’on souhaite qu’elle remplisse.
L’apparition de la fenêtre trouve son origine, selon certains historiens, au 2ème millénaire avant J-C dans la civilisation grec, mais c’est à partir du XIIème siècle que la fenêtre devient un élément d’architecture à part entière et que le vitrage, d'abord dans les édifices religieux, lui donne une nouvelle caractéristique.
Aujourd’hui la fenêtre est devenu un élément qu’on peut qualifier de « stratégique » dans une maison notamment grâce à ses multiples fonctions : éclairage, vue vers l’extérieur, isolation, protection, esthétisme...

Tour d’horizon du marché de cette indispensable ouverture vers l’extérieur.

Fenetre

©fenêtre24.com

Aperçu global du marché
 

C’est presque 11 millions de fenêtres qui ont été posées ou changées dans l’Hexagone en 2019 ! Un volume en hausse de 1 % sur un an, après 3 % en 2018 et qui a généré environ 9 milliards de chiffre d’affaires. Au niveau européen le secteur représente presque 50 milliards d’euros avec comme pays leader, l’Allemagne suivi de la France, le Royaume-Uni, l’Italie puis la Pologne.
Le marché de la fenêtre peut être divisé en deux catégories. D'un côté la pose de fenêtre en construction neuve, de l'autre la pose en rénovation qui est le principal débouché de la filière (environ 80 % de l’activité).
D’ailleurs, la problématique d’économie d’énergie très en vogue dans notre société, met en avant l’importance de la fenêtre dans ce domaine et constitue clairement une incitation aux rénovations.
Une des particularités de ce marché est d’être encore relativement préservé des producteurs étrangers. En effet, les importations ne représentaient en 2018 que 10 % de la production tricolore.
La raison d’un made in France qui reste majoritaire et, nous pouvons le dire, une exception, est liée au fait que les fenêtres ne s’ouvrent pas toutes de la même façon suivant le pays.
Effectivement, la façon d’ouvrir une fenêtre est quasiment une spécificité culturelle. La fenêtre à deux vantaux, s'ouvrant vers l'intérieur, est spécifique à la France. En Italie, les vantaux s'ouvrent vers l'extérieur, tandis que nos voisins de l’Est, l'Allemagne, la Suisse ou la Belgique ont plutôt un vantail unique. L'Angleterre préfère un système à guillotine.
Ainsi, sortir du marché domestique demande aux fabricants une adaptation de la production qui entraîne des coûts supplémentaires. Cette particularité « protège » les fabricants nationaux même si de plus en plus de groupes envisagent le marché à un niveau européen.
Au-delà de l'origine géographique de la fenêtre il existe d'autres critères de choix pour un particulier souhaitant équiper sa maison.


Une fenêtre, c’est d’abord une histoire de matériaux
 

PVC, aluminium, bois ou même mixte ? ... On peut dire qu’il n’y a pas de bon ou mauvais matériau, chacun a ses avantages.
Là, le consommateur doit faire un choix qui n’est pas forcément évident car influencé par une multitude de paramètres parmi lesquels la tendance culturelle peut également jouer un rôle.
En France, en volume de fenêtres posées, le PVC demeure le premier matériau sur ce marché en 2019 (environ 6 millions sur les 11 millions d’unités produites). L’aluminium consolide ses positions (3 millions d’unités), et s’impose comme le second matériau en volume et enfin le bois en troisième position avec 1 million d’unités. En revanche, en valeur, les fenêtres aluminium ont le leadership, l'alu est le premier matériau du marché en 2019.
Il existe aussi, mais de façon très anecdotique, des fenêtres en fonte et en acier.
Géographiquement parlant, selon les pays, il y a des différences. On peut constater, par exemple, que l'Allemagne préfère le PVC alors que la France aime l’aluminium, elle est d’ailleurs le premier producteur européen sur ce segment.
Quant aux raisons qui feront pencher le choix du consommateur vers l’un des matériaux, elles sont aussi nombreuses que le nombre de fonctions que doit remplir une fenêtre et de la priorisation du client dans ce domaine : isolation, entretien, esthétisme, effet de mode ou encore protection. Une étude de 2018 montrait que les français et nos voisins italiens donnent plus d’importance à l’esthétisme et la finesse des profilés alors que les allemands se focalisent davantage sur les aspects techniques et l’isolation.

PVC, alu ou encore en bois, l’importance du conseil d’un professionnel prend ici toute sa dimension.


Quid des couleurs !
 

Historiquement les couleurs dominantes dans le monde de la fenêtre ont longtemps été le marron qui est la couleur du bois mais aussi le blanc pour le PVC.
Aujourd’hui ce n’est plus aussi vrai même si ces deux couleurs restent largement présentes.
Effectivement, si le blanc reste le choix le plus utilisé en PVC mais également en aluminium, sa part de marché recule au profit des fenêtres colorées.
Une tendance que les professionnels observent toujours début 2020 que ce soit sur l’aluminium et le PVC avec 41 % des fenêtres qui ne sont pas blanches.
Comme dans le domaine vestimentaire il y a des effets de mode dans le domaine mais c’est également le style de la maison ou également la région d’implantation qui va influencer le choix. Pour une maison moderne, les couleurs sombres (gris anthracite, bleu...) sont tendances, une maison traditionnelle se tournera plus facilement vers le marron, le blanc ou un rouge foncé ; en Bretagne le bleu peut être une option intéressante alors que le pays basque sera plutôt orienté sur le rouge ou le blanc...
Attention si votre maison est un immeuble classé ou si votre habitation est située dans une zone de protection de monument historique, avant de remplacer vos anciennes menuiseries, vous devez obtenir une autorisation de travaux soumise à l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) et là le choix de la couleur risque d’être très limité !


Choisir une fenêtre pour sa maison, que ce soit pour une construction neuve ou pour de la rénovation n’est donc pas si évident d’autant plus que cela représente un poste budgétaire conséquent. D’ailleurs pour la rénovation vous pouvez être éligible à un crédit d’impôt pour l’isolation thermique de parois vitrées.
Le plus important est de prendre son temps pour s’interroger sur ce qu’on souhaite réellement et de ne pas hésiter à faire appel aux nombreux professionnels du secteurs pour se faire conseiller.