Le citoyen chinois sous haute surveillance !

Petite incursion dans l’empire du Milieu, là où, malgré plus de 1.3 milliards d’habitants, tout le monde est surveillé (et noté) dans ses moindres faits et gestes...
Petit bilan des quelques années sous la surveillance de Big Brother !

C’est en 2014 que les autorités chinoises dévoilaient son système de « crédit social » au monde et commençaient à mettre en œuvre des pratiques qui paraissaient réservées aux films de science -fiction.

 chine 1984

Le SCS (pour Social Credit System) vise à évaluer et à surveiller les citoyens grâce au Big Data.

Déplacements, transactions, appels téléphoniques, faits et gestes, orientation politique... des citoyens sont collectés sous la forme de données pour attribuer une note à chaque individu.

Vous achetez des produits chinois, vous avez de bonnes performances au travail, vous publiez un article valorisant sur le pays et ses dirigeants... vous gagnez des points sur votre compte ; Mais, si vous avez des opinions politiques dissidentes, visitez des sites internet suspects, traverser en dehors des passages piétons ou grillez un feu rouge en voiture... là c’est des points en moins !
Tout est contrôlé par un système d’information très développé où tout est enregistré, analysé et contrôlé à partir d’un système qui tire profit du plein potentiel de l’infrastructure technologique chinoise : environ 200 millions de caméras (400 millions prévus en 2020) croisées à des systèmes de reconnaissance faciale très performant et à des dossiers financiers, médicaux et juridiques. Des réseaux d’intelligence artificielle avancée se chargent de réglementer et d’interpréter les données issues de ce croisement à grande échelle.

En fonction de la note qu’obtient un individu, il sera soit récompensés ou punis en ayant accès à plus ou moins de privilèges dans la société. Par exemple, les personnes mal notées pourront se voir refuser un crédit à la banque ou même interdire un trajet en avion.

Selon le rapport du Centre national d'information sur le crédit, depuis mai 2018, les chinois mal notés dans le système ne peuvent plus acheter des billets de train ou d'avion, et ce pour une période d'un an. Au total, la Chine a empêché en 2018, 17.55 millions de citoyens « mauvais élèves » d'acheter des billets d'avion et 5.5 millions d'acheter des billets de train. En 2017, la Cour suprême de Chine avait affirmé que 6.15 millions de citoyens avaient été empêchés de prendre l'avion en raison d'infractions liées au crédit social.

Le système ne se contenterait pas d’évaluer les particuliers, les entreprises sont également surveillées et font l’objet du même principe : activité respectueuse des valeurs du pays = bons points ; dérives dans certains domaines et c’est la mauvaise note assurée. La crainte existe pour les entreprises étrangères...

Ce qui peut paraître étonnant c’est que la population n’est pas réticente à ce système qui est censé rendre le pays efficace !