Le e-commerce cross-border a le vent en poupe !

Le succès du e-commerce ne se dément pas ! Si en France, en 2018, le chiffre d’affaires du commerce sur internet a atteint 92.6 milliards d’euros avec une progression de + 13.4 % par rapport à l’année précédente, la tendance au niveau mondial est également très positive. Selon les spécialistes, la part du e-commerce sur le total de la vente de détail dans le monde devrait atteindre en 2020, 14.6 % !

Intéressons-nous plus particulièrement au e-commerce cross-border.

D’abord un petit rappel de définition. Le e-commerce cross-border regroupe les activités du e-commerce qui mettent en relation des acteurs de pays différents : un vendeur français et un acheteur américain.

Etat des lieux et perspectives !

Au 1er janvier 2019, on recensait 4.02 milliards d’internautes dans le monde et on prévoit que l’industrie du e-commerce devrait réaliser 4500 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2021 !

C’est un internaute sur deux au niveau mondial qui devrait acheter en ligne cette année. En France on estime que 85.5 % des internautes achètent déjà sur le Net.
Au niveau européen, 7 e-consommateur su 10 achètent sur des sites étrangers, majoritairement en Europe (73 %) mais également hors Europe pour 57 % d’entre eux. Les deux principales motivations sont, sans surprise, le prix et en second la non disponibilités du produit dans le pays d’origine.

Concernant le type de site utilisé pour l’activité e-commerce, on constate que la majorité des e-acheteurs effectuent des transactions directement sur le site des marques (55 %) et que 45 % utilisent les marketplaces (les premières marketplaces au niveau mondial : Alibaba, avec ses deux plateformes Taobao et Tmall, Amazon, eBay et JD.com).


La tentation de créer son site e-commerce pour aller vers l’international !

Certes un tel marché potentiel ne peut que créé des convoitises et donner envie de se lancer dans l’aventure du e-commerce cross-border ! Mais attention, il ne suffit pas d’avoir un site de e-commerce pour réussir à l’international.

Enumérons les points de « frictions » qui nécessitent une attention particulière :

  • La conception du site lui-même. Créer son site de e-commerce peut se faire relativement facilement de nos jours, grâce à l’évolution des technologies du web. Notamment l’apparition des CMS (Content Management System) qui sont des plateformes en ligne qui offrent la possibilité de créer son propre site sans avoir de connaissance particulière en langage informatique, c’est-à-dire le codage. Il suffit ensuite de suivre les multiples conseils, trucs et astuces disponibles sur le web pour concevoir un outil de travail efficace. L’aspect international du site entraînera forcément une réflexion sur la langue utilisée : un site en anglais, en français, en mandarin (langue la plus parlée au monde mais sur une zone géographique restreinte...) ? Un site différent pour chaque pays ciblé, un outil de traduction... Bref, il y a matière à réflexion !
     
  • Une offre qui correspond à une demande ! Attention, on entend souvent dire qu’il est très agréable de travailler dans un domaine qui plaise ! C’est incontestable, MAIS ce n’est pas parce que vous aimez quelque chose, que les autres aiment et surtout que le marché soit accessible ! De façon simpliste, il y a deux critères qui vont s’imposer dans la détermination d’une activité : Y a-t-il une demande suffisante pour réaliser un chiffre d’affaires intéressant et quelle concurrence existe-t-il ? Au-delà de ces deux questions vont venir s’intégrer d’autres problématiques liées à une activité cross-border : adaptation du produit à un marché étranger, la réglementation en vigueur dans les différents pays, la consommation du produit selon les cultures...
     
  • Un marketing mix adapté : le marketing mix regroupe les leviers d’action de l’entreprise sur son marché. On trouve également cette notion sous l’appellation « les 4 P » pour Product (le produit), Price (le prix), Promotion (la communication) et Place (la distribution). Avoir un site e-commerce n’empêche pas de mener une réflexion sur ces différents éléments stratégiques nécessaires à l’intégration et au développement de l’entreprise sur un marché. Quel produit vendre ? Quel prix lui donner ? quel moyen de communication utiliser ? comment le distribuer, l’expédier ? L’aspect international de l’activité demandera bien évidemment d’envisager tous ces aspects à un niveau international !

 

Focus sur la distribution du produit :

Il s’agira plutôt d’expédition dans le cas d’une activité e-commerce. En effet, ce point demande une attention particulière dans le cas du e-commerce cross-border. La distance physique qui sépare un vendeur de son client avec parfois la problématique des douanes à intégrer ne laissent pas de place à l’improvisation. Quel mode d’expédition choisir ? quel coût cela représente-t-il ? Quel délai ?...

La livraison des articles qu’achètent les e-consommateurs est sans doute le point le plus difficile à gérer pour l’entreprise. On entend régulièrement parler de la course au délai que se livrent les géants du secteur comme Amazon, Alibaba, eBay... avec notamment la problématique du « dernier kilomètre » qui est l’aspect le plus délicat.

Il est vrai qu’il existe un grand nombre de prestataires dans ce domaine qui propose des solutions « clés en main » pour un e-commerçant. Encore faut-il faire le bon choix !


Pour finir sur ce billet, il est certain que le commerce en ligne et plus particulièrement le cross-border suit une croissance phénoménale qui ne semble pas devoir s’arrêter rapidement. Cette perspective de pouvoir agir sur un marché mondial grâce à internet est séduisante à plus d’un titre, mais pas sans risque.

Comme tout activité commerciale, une réflexion en amont est indispensable, en ayant notamment recours à de véritables professionnels capables d’avoir un regard objectif sur votre projet.