Le marché mondial du beurre sous tension !

C’est un bel exemple de la loi de l’offre et de la demande que nous apporte le marché mondial du beurre !
En effet, ce simple mécanisme du marché qui veut que quand l’offre devient inférieure à la demande ou tout du moins quand la demande augmente alors que l’offre baisse, les prix ont tendances à s’envoler. C’est ce qui risque de se passer avec le prix de notre petit croissant du matin et de toutes les viennoiseries !

Explications :

La crise du beurre, (le mot n’est pas trop fort pour décrire l’état actuel de ce marché) est due à la concordance de plusieurs phénomènes.

D’un côté on trouve une demande mondiale de beurre qui augmente de façon importante (+ 5% sur les 12 derniers mois). Cette croissance s’explique notamment par un appétit grandissant pour les pâtisseries et autres viennoiseries dans le monde, surtout en Asie. Ensuite on a un regain d’image de la plaquette de beurre en matière de santé dans les sociétés occidentales.
En effet, suite à une étude scientifique américaine sur les qualités nutritionnelles du beurre, la consommation de ce dernier ne représente pas une augmentation du risque de maladies cardio-vasculaires qu'on lui a longtemps attribué. Pas plus qu'il n'est responsable de votre taux trop élevé de cholestérol. Cette réhabilitation de la matière grasse cumulée à une diabolisation croissante de l'huile de palme pour des raisons de santé publique mais aussi d'écologie en lien avec la déforestation a entraîné un changement de comportement.
Exemple de conséquence, Aux Etats-Unis, McDonald's procède à un revirement total de ses méthodes de cuisine pour n'employer que le beurre au détriment de la margarine. « Ce changement de stratégie du géant de la restauration rapide a généré un surcroît de demande de 20.000 tonnes de beurre en plus chaque année. Et les autres industriels et restaurateurs américains n'ont pas manqué de suivre ", explique Gérard Calbrix, directeur des affaires économiques de l'Association de la transformation laitière française (Atla).
Ce serait une tendance de fond qui se dessine sur la scène mondiale.  Dans les pays émergents, la demande explose elle aussi. En 2016, avec 162.000 tonnes de beurre européen exportées, les ventes à l'étranger n'ont jamais été aussi élevées depuis 2010. Eurostat pointe une hausse de 11 % en 2016 vers les Etats-Unis, de 34 % vers l'Arabie saoudite, de 72 % vers le Maroc, de 64 % vers le Japon, de 109 % vers l'Iran et... de 173 % vers le Canada. La Chine, à elle seule, a augmenté ses commandes de 23 %, dont la moitié environ provient de France.

Du côté de l’offre, c’est l’inverse, elle diminue de 5% sur les dix derniers mois ! Un climat européen peu favorable à la production (une sécheresse nuisible aux fourrages) ; des producteurs qui ont préféré se tourner vers une production plus rémunératrice comme le fromage ; des investissements dans les installations en diminutions….

Un marché déséquilibré qui a pour conséquence de voir le prix du beurre s’envoler. Sur les 20 derniers mois la hausse atteint 200 %, avec une tonne qui passe de 2 500 euros en avril 2016 à 8000 euros fin septembre.
Résultat pour nous français, plus gros consommateurs de beurre au monde avec près de 8 kilos par an (0,1 kg pour un Chinois…), les rayons se vident !
Certes, la raison de cette conséquence visible dans nos magasins est plus liée à un conflit entre la grande distribution et les producteurs : Face à la flambée des prix, les grandes surfaces ont refusé d'ajuster leurs prix et donc d’acheter plus cher le beurre aux producteurs (dans la grande distribution, les prix des produits sont fixés une fois par an, en février). De ce fait, les fournisseurs ont cessé de livrer les grandes surfaces.

Le prix du croissant s envole les boulangers craignent une penurie de beurre