Le passeport vaccinal, vision européenne

Un badge vert pour prouver qu’on est bien vacciné contre la COVID et pouvoir profiter de certaines activités. En effet, les israéliens ayant reçu les deux doses de vaccin peuvent par exemple se rendre à un concert en plein air et bientôt au restaurant... Précurseur sur le principe, voilà ce qu’Israël a mis en place pour ses habitants et ainsi pouvoir reprendre une vie « normale ».
Cette idée du passeport sanitaire (ou vaccinal) est dans les têtes de beaucoup de dirigeants dans de nombreux pays du monde sans pour autant être appliquée.

Explications…

Covid 19 a quoi sert le passeport vaccinal

Un projet au niveau européen

Formulée à l'origine par le Premier Ministre grec Kyriákos Mitsotákis au mois de janvier 2021, l’idée consistait à créer un document unifié au niveau de l'Union, permettant aux citoyens vaccinés d'attester de leur immunisation contre le coronavirus.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé début mars un projet de législation pour la création d’un passeport vaccinal qui sera présenté le 17 mars 2021.
D’après le président français E. Macron, Ce type de dispositif permettrait de “réorganiser la circulation entre États membres de manière plus fluide” quand les campagnes de vaccination seront bien avancées. Un enjeu crucial pour relancer l’économie dans certains pays très dépendants du tourisme comme la Grèce, l’Italie ou l’Espagne. Un autre enjeu concerne la relance des activités dans les secteurs qui ont dû fermer à cause de la pandémie, comme l’hôtellerie, la restauration, le monde du spectacle et de la culture. 
Concrètement il s'agit d'un document officiel au format papier ou numérique attestant que son détenteur a reçu les injections du vaccin contre le coronavirus. Appelé aussi passeport immunitaire, sanitaire ou certificat de vaccination, il devrait offrir la possibilité de se rendre à l'étranger et dans des lieux publics librement, à condition que le pays d'accueil reconnaisse la validité du document.

Mesures de différents pays 

Du côté des puissances publiques, plusieurs gouvernements proposent des solutions. Avec l'Islande, qui a déjà mis en place un système de certificat sanitaire, la  Hongrie, la Suède et le Danemark ont annoncé vouloir créer un certificat vaccinal pour les voyageurs étrangers et leurs propres ressortissants.
La Grèce et Israël en ont fait de même et également signé un accord bilatéral autorisant leurs ressortissants vaccinés à pouvoir se déplacer sur les deux territoires. L'Estonie, très avancée dans sa politique de numérisation de ses services administratifs, a également passé un accord avec l'OMS pour mettre en place des échanges d'informations et un certificat numérique de vaccination contre le Covid-19. La Finlande pourrait lui emboîter le pas. Chypre et la Roumanie autorisent déjà les voyageurs attestant de leur immunité à pénétrer sur leur territoire sans autre justificatif.
Un dernier exemple, celui du Maroc où le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb a expliqué en décembre 2020, qu'un système d'enregistrement sur des listes électroniques des personnes vaccinées devrait être mis en place dans les prochains mois.

Quid de la France ?

La mise en place d'un passeport de vaccination en France fait actuellement débat, pour des raisons éthiques et juridiques notamment.
Emmanuel Macron a récemment évoqué l'éventuelle mise en place d'un "pass sanitaire" qui sera étudié dans les prochaines semaines. Alternative au passeport vaccinal, il comprendra notamment les résultats de tests PCR récents ainsi que le certificat de vaccination contre le Covid-19. Si le Président français ne souhaite pas rendre ce pass obligatoire, il pourra être utilisé par le biais d'un QR code à l'entrée des restaurants, théâtres et salles de cinéma.

Selon un récent sondage IFOP, six Français sur dix se disaient favorables à un passeport vaccinal pour accéder à certains lieux ou voyager en avion, En revanche au niveau de l'exécutif l’idée ne fait pas l’unanimité.
Pour plusieurs, penser à un passeport vaccinal est prématuré sachant que la campagne de vaccination progresse que lentement, qu’elle n’a pas la même dynamique dans toutes les régions. Cela impliquerait qu'il y ait des droits plus importants pour certains.
Pour d’autres, ce type de document constitue une atteinte aux libertés individuelles en obligeant, de façon détournée, de se faire vacciner sous peine de se voir interdire le cinéma, un restaurant ou l’entrée dans un musée .
Enfin la question de la protection des données est également un argument avancé par les « anti pass sanitaire », notamment avec les affaires, ces dernières semaines, des hôpitaux victimes de hackers et la quantité de données volées progresse de façon exponentielle.

Si l’intérêt d’un passeport sanitaire n’est plus vraiment à démontrer, il reste que tout le monde n’est pas d’accord sur sa forme, son usage ou encore le moment de l’instaurer. Le problème est justement dans ces différences et comment éviter une cacophonie européenne voir mondiale sur le sujet…