Poseïdon et Bpifrance au secours de la planète !

La place des échanges internationaux dans la sauvegarde de la planète est ambiguë...
En effet, le commerce international a été reconnu, par les conférences de Rio et de Johannesburg comme un élément clé du développement durable. Il aide à répartir de façon plus efficace des ressources peu abondantes et facilite l’accès des pays, riches ou pauvres, aux biens, services et technologies environnementaux.
A l’inverse, le commerce international est également accusé de contribuer significativement aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, notamment à l’occasion du transport des marchandises. Il déplace aussi les lieux d’émissions : l’empreinte carbone des pays de l’OCDE liée à leur consommation est supérieure aux émissions réalisées sur leur territoire, à l’inverse des grands pays émergents.
Bref depuis longtemps se pose la question de réconcilier le commerce international avec la lutte contre le réchauffement climatique, la protection de la planète...

Un élément de réponse est apporté par Bpifrance via sa filiale Bpifrance assurance Export (BAE), en signant les Principes de Poseidon (Poseidon Principles) le 30 janvier 2020 à Paris.

Focus sur l’événement...

Poseidon

Les Principes de Poséidon, lancés le 18 juin 2019 à l’initiative de 17 banques internationales actives dans le financement du transport maritime, vise à promouvoir une approche commune en matière de mesure et de suivi de l’impact carbone de leur activité et de concourir ainsi aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effets de serre (GES) du secteur maritime.

Cet engagement n’est pas anodin en termes d’orientation des soutiens publics au commerce extérieur. L’État injecte, via Bpifrance, plusieurs milliards d’euros de garanties à l’exportation chaque année pour financer les ventes à l'exportation de la filière construction navale, et notamment les navires de croisières géants construits par Les Chantiers de l’Atlantique.

Concrètement, participer à cette initiative engage désormais l’agence de crédit export française et sa tutelle à mieux évaluer et suivre l’impact carbone des navires qu’elles financent et, à terme, à réduire la part de ceux qui sont les plus polluants. Ils « souhaitent inciter les acteurs de la filière industrielle, chantiers navals et armateurs, à privilégier dès à présent les technologies les plus vertes pour leurs futurs navires », confirme un communiqué commun de Bercy et de Bpifrance.

Un engagement qui est aussi une réponse aux objectifs de l'Organisation maritime internationale de réduire de 50 % les émissions de gaz à effets de serre du transport maritime d’ici à 2050 par rapport à 2008.
Les deux premiers contrats de l’année 2020 dans le secteur naval, paraphés dernièrement par les Chantiers de l’Atlantique avec le croisiériste MSC, à l’occasion de l’événement Choose France, remplissent à cet égard les bonnes cases : il s’agit des deux premiers navires de croisière géant propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL), un carburant beaucoup moins polluant que le fioul lourd, tant en souffre qu’en émission de GES, et l'une des solutions les plus porteuses pour réduire les GES de ce secteur à court terme avec la réduction de la vitesse des navire.

Le signal à l’attention des armateurs, banquiers et industriels est donc clair : les garanties et financements export français seront d’autant plus aisées à obtenir que les bateaux seront décarbonés…

Le commerce international est certes indispensable mais pas sans adaptation aux problèmes climatiques qui menacent la planète !

Source : Le MOCI