Quand un vent d’indépendance souffle sur l’Europe….

Après le Brexit il y a un an et demi, l’Ecosse quelques mois après, la Catalogne il y a quelques semaines c’est au tour de deux régions d’Italie, la Vénétie et de la Lombardie, de rêver d’indépendance !

En effet, les habitants de ces régions ont voté ce dimanche 22 octobre à une écrasante majorité en faveur d'une plus grande autonomie, avec une participation suffisamment importante pour leur donner un pouvoir de négociation face à Rome. Selon les chiffres les électeurs ont voté à 95 % en faveur du "oui" en Lombardie et à 98 % en Vénétie. La participation était respectivement d’environ 40 % et 57 %. Précisons que contrairement à la Catalogne, ce référendum consultatif est prévu par la Constitution italienne.

Certes, l’ambition n’a rien à voir avec les mouvements précédents cités en introduction de l’article. Pour la Lombardie et la Vénétie, il ne s'agit pas de s’engager sur la voie de la sécession comme pour la Catalogne, mais d'obtenir de la capitale italienne davantage d'autonomie en matière d'éducation, de protection de l'environnement, de sécurité au travail et surtout de fiscalité. Ces deux régions parmi les plus riches d'Italie représentent 30% du PIB du pays. Elles figurent aussi parmi les plus "vertueuses" en termes d'endettement, de dépenses publiques par habitant et du fonctionnement du système de santé.

Elles présentent à elles deux un solde fiscal de quelque 70 milliards d'euros. Une somme colossale dont les présidents des deux régions entendent bien réclamer la moitié à Rome estimant que cet argent est mal utilisé par le gouvernement.
Autre objectif de cette demande d’indépendance, attirer les investisseurs étrangers et tirer profit d'un autre divorce en cours, le Brexit. La capitale lombarde, Milan, est en concurrence avec Barcelone et d'autres villes pour accueillir le siège de l'Agence européenne du médicament, qui va quitter Londres.


Au regard de ce mouvement, pas forcément récent, mais qui trouve de plus en plus d’échos à travers le vieux continent, l’UE a des difficultés à garder un cap et à faire face à cette remise en cause du principe même de ce type d’union qui impose l’instauration d’une instance supranationale.

Si la Catalogne n’est pas la seule à mener ce combat (rajoutons à la liste de début d'article : La Flandre, la Corse, Pays-Basque.... liste non exhaustive) et si l’indépendance n’est pas toujours la solution souhaitée, il apparaît que de nombreuses régions du continent espèrent obtenir un statut d’autonomie élargie face à un Etat central ou à l’UE.

Comme pour le phénomène de mondialisation, pour lequel tout le monde semble favorable au départ, il y a parallèlement une crainte et on assiste à un retour (en tout cas un engouement) vers un replis sur soi.

 

Carte europe independantistes 01