Rien ne va plus au Venezuela !

Ce pays, de la partie Sud du continent Américain, vit un énorme paradoxe : jadis le pays le plus riche d’Amérique Latine et aujourd’hui avec des réserves pétrolières parmi les plus importantes du monde (plus que l’Arabie Saoudite), le Venezuela subit une crise politique, économique et sociale qui n'en finit pas.

Dernier événement en date de cette descente aux enfers, le pays a été déclaré en défaut partiel de paiement sur sa dette mardi par l'agence de notation Standard and Poor's puis par Fitch ce mercredi .

Victime directe de la chute des cours pétroliers amorcée mi-2014 après l'explosion du pétrole de schiste aux Etats-Unis, le Venezuela a vu fondre ses réserves de change de plus de 70 % par rapport à leur record de 2009. Le pays paye sa lourde dépendance à l'or noir qui représente près de 96% de ses exportations et les deux tiers de ses recettes.
Pour pallier l’érosion de ses réserves en devises, le gouvernement a brutalement coupé dans ses importations ce qui a déclenché de sévères pénuries, des produits alimentaires quotidiens. Plus de 80 % des médicaments de base font aujourd’hui défaut.
Conséquence, aujourd'hui, le Venezuela enregistre le pire taux d'inflation au monde. Entre début décembre et fin février, le pays a connu l'équivalent d'un taux annuel d’inflation de 932 %, d'après l'agence financière Bloomberg et son « Cafe con leche Index » ! En 2016, les prix à la consommation avaient déjà bondi de 800%, tandis que le produit intérieur brut (PIB) s'effondrait de 18,6%, selon la banque centrale.

Cette crise a également un volet politique avec un gouvernement et une opposition s’accusant mutuellement de vouloir perpétrer un coup d’Etat. Le président Nicolas Maduro refuse de reconnaître la légitimité de l’Assemblée nationale, présidée par le social-démocrate Henry Ramos Allup. L’opposition dispose d’une large majorité parlementaire, tandis que le régime « chaviste » contrôle l’exécutif, la justice, l’autorité électorale et, bien entendu, les forces armées et la police. 

Dans ce contexte, si on ajoute les problèmes d’insécurité, la population vénézuélienne est en grande détresse. Il faut rappeler que le Venezuela demeure l’un des pays les plus dangereux et les plus violents du monde. Le taux de morts violentes pour 100.000 habitants atteint 92, un record mondial.

Petite éclaircie dans ce sombre tableau, c’est un répit financier de six ans que son allié russe (2ème créancier du pays après la Chine) vient d’accorder.

Ci-dessous, un reportage qui reprend les causes de cette crise sans précédent :