Vent de pessimisme sur le commerce international !

 Les différends commerciaux, le manque de dynamisme de l’investissement des entreprises et la persistance des incertitudes liées à l’action publique sont autant de facteurs qui pèsent sur l’économie mondiale et font croître le risque d’une stagnation à long terme : c’est ce qui ressort de la dernière édition des perspectives économiques de l'OCDE.

Petit tour d'horizon pessimiste...

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La croissance du PIB mondial devrait s’établir à 2.9 % cette année, soit son niveau le plus faible depuis la crise financière, et se maintenir à 2.9 % ; 3 % en 2020 comme en 2021. En 2018, le PIB mondial avait progressé de 3.5 %.

Le ralentissement de l’activité touche aussi bien les économies de marché émergentes que les économies avancées, mais plus ou moins sévèrement selon l’importance des échanges dans les différents pays. Aux États-Unis, la croissance devrait selon les prévisions ralentir pour revenir à 2 % en 2020 comme en 2021. Dans la zone euro et au Japon, elle devrait s’établir autour de 1 % tandis qu’en Chine, la décélération devrait se poursuivre avec une croissance qui pourrait ressortir à 5.5 % en 2021, contre 6.6 % l’année dernière.

Un autre indicateur pessimiste...

Le commerce international va se contracter dans les trois mois à venir, indique DHL, filiale de transport et de logistique du groupe Deutsche Post DHL, dans son baromètre de novembre*.

Avec un niveau à 45, l'indice sur le commerce mondial a perdu deux points par rapport à ce qui était prévu en septembre dernier, ce qui est négatif à un double titre, puisque, au-dessous de 50, la société allemande considère que les échanges se contractent. 

L’Inde, seul pays à progresser

Sur les sept grands marchés étudiés, seul l’Inde est un marché en expansion (c’est-à-dire au dessus de 50) avec un indice de 54, et en croissance, avec une hausse de 5 points par rapport à septembre. Si le commerce aérien y reste faible, avec une baisse de 4 points à 44, en revanche, les échanges par voie maritime dans l’océan Indien ont progressé sensiblement, avec + 10 pour parvenir à un indice de 60.

Les six autres marchés sont en contraction et en baisse, à l’instar du Royaume-Uni, qui, sur fonds de Brexit, est tombé sous la moyenne à 49, soit – 4 points par rapport septembre. Le Japon a essuyé le plus grand revers, avec – 5, et se retrouve ainsi derrière le Japon, avec un indice de 48.

La Chine, en baisse sur fonds de guerre commerciale

A quelques points de distance, se succèdent dans un mouchoir de poche l’Allemagne, avec indice de 45 (- 3), les États-Unis, avec 44 (- 1), la Corée du Sud, avec 43 (- 2) et la Chine, avec 42 (- 3).

Si l’Inde a retrouvé des « perspectives de croissance positives », explique-t-on chez DHL, la Chine affiche « les perspectives de croissance les plus faibles de tous les pays sondés », en raison, notamment, de la guerre commerciale avec les États-Unis.

L'OMC aussi voir noir...

Le nouveau rapport de l’OMC sur le suivi des mesures commerciales, publié le 21 novembre, montre que la valeur des échanges de marchandises visés par les mesures de restriction des importations qui ont été adoptées par les économies du G-20 entre la mi-mai et la mi-octobre 2019 est estimée à 460,4 milliards d’USD. Cela représente une augmentation de 37% par rapport à la période précédente (remontant à la mi-octobre 2018); la valeur de ces échanges visés par des mesures de restriction des importations est la deuxième la plus importante après celle de 480,9 milliards d’USD enregistrée entre la mi-mai et la mi-octobre 2018.

Esperons que l'année 2020 amènera davantage de sérénité sur la planète commerce international !

 

*Lancé en 2018 en partenariat avec Accenture, le Baromètre Global Trade(BGT) est publié chaque  trimestre. Le BGT agrège des données d'importations et d'exportations pour des produits en début de fabrication et intermédiaires dans sept pays représentant 75 % du commerce mondial : Inde, Chine, États-Unis, Corée du Sud, Royaume-Uni, Allemagne, Japon.